
- Downing Street confirme : Donald Trump a validé l’accord entre le Royaume-Uni et Maurice
Plus rien ne semble désormais pouvoir arrêter la rétrocession des Chagos à Maurice. Une source bien informée au gouvernement a confié au Défi Quotidien dans la soirée du mardi 1ᵉr avril 2025 que Sir Keir Starmer, Premier ministre britannique, a adressé une lettre « très positive » à son homologue mauricien Navin Ramgoolam « il y a deux ou trois jours ». Dans ce courrier, il réaffirme l’engagement du Royaume-Uni à finaliser la rétrocession, renforçant ainsi la coopération entre les deux pays.
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Cet échange diplomatique crucial intervient alors que Downing Street a confirmé, mardi, l’approbation de Donald Trump à l’accord conclu entre le Royaume-Uni et Maurice (voir encadré). La finalisation du traité entre Londres et Port-Louis peut désormais se faire, le président américain n’ayant pas opposé de veto au projet, après avoir déjà donné un signe positif le 27 février dernier lors de sa rencontre avec Sir Keir Starmer.
L’information d’un accord formel de Donald Trump a été révélée par le porte-parole officiel du Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer. « Je pense que la finalisation de l’accord est en cours, mais nous fournirons une mise à jour dès que nous en aurons une », a-t-il indiqué. Ses propos ont été repris par les grands médias britanniques, dont The Telegraph, le Daily Mail, The Independent, The Daily Express ou encore The Mirror.
Interrogé sur un éventuel besoin d’approbation supplémentaire de la part de Washington, il a ajouté : « Le président Trump a reconnu la solidité de l’accord. Nous travaillons maintenant avec le gouvernement mauricien pour finaliser le traité et procéder à sa signature. »
Le quotidien britannique précise que Donald Trump, initialement perçu comme sceptique vis-à-vis du projet, ne tentera finalement pas de bloquer la cession de l’archipel, dont fait partie Diego Garcia qui abrite la base militaire américaine. Il aura signifié son soutien dès février, lors de la visite de Sir Keir Starmer à Washington.
« Un bail de 140 ans pour Diego Garcia, cela semble puissant et ce n’est pas une mauvaise chose », avait alors déclaré le président américain. Il avait également ajouté : « Nous allons avoir des discussions à ce sujet très bientôt et j’ai le sentiment que cela va très bien se passer. Et je pense que nous serons enclins à aller dans le sens de votre pays. Nous devons obtenir les détails, mais cela ne semble pas mauvais. »
Entre le Royaume-Uni et Maurice, les deux gouvernements s’étaient déjà entendus sur les termes de l’accord. Certains aspects ont été renégociés après un premier accord début octobre entre Sir Keir Starmer et l’ex-Premier ministre Pravind Jugnauth.
À la mi-janvier dernier, les nouveaux termes avaient été validés à la fois par Port-Louis et par Londres. Le gouvernement britannique souhaitait cependant avoir l’accord de Donald Trump avant d’aller de l’avant.
Au-delà de la rétrocession, Maurice devrait bénéficier d’un package financier portant sur quatre volets. Le premier est la location de Diego Garcia. Le second concerne une assistance financière pour des projets de développement à Maurice. Le troisième porte sur un fond de soutien aux Chagossiens. Le quatrième volet financier a trait au soutien actif du Royaume-Uni pour que Maurice puisse accéder à d’importants financements internationaux sous le chapitre de la lutte contre le changement climatique.
Accord hautement symbolique
Le gouvernement britannique avait ouvert les négociations, en 2023, par rapport à la rétrocession des Chagos à Maurice. Ce qui a conduit à un accord entre les deux parties en octobre 2024 mettant ainsi fin à plus de deux siècles de présence britannique sur cet ensemble d’îles situé au cœur de l’océan Indien. Ce développement intervient après des années de litiges internationaux et de revendications portées par Maurice devant les instances onusiennes.
Selon les termes de l’accord, le Royaume-Uni louera la base de Diego Garcia pour une période initiale de 99 ans, avec une option de prolongation de 40 ans. Selon le Daily Mail et d’autres titres de presse anglais, Londres verserait à Maurice une compensation d’environ 90 millions de livres sterling, soit Rs 5,3 milliards selon le taux de change du jour, par an pour conserver le contrôle opérationnel de l’installation militaire américaine. Ce montant n’a cependant pas été confirmé officiellement jusqu’ici.
Si les discussions avec Washington ont été jugées essentielles à la mise en œuvre de l’accord, il ne semble pas que le traité doive être soumis à une nouvelle validation américaine après sa signature par Maurice (The Telegraph). Aucune date précise n’a toutefois été communiquée pour la finalisation du traité, qui sera ensuite présenté au Parlement britannique pour y être validé.
Rappel des faits historiques
- L’archipel des Chagos faisait partie de Maurice sous administration britannique.
- En 1965, le Royaume-Uni a séparé « illégalement » les Chagos de Maurice pour créer le British Indian Ocean Territory (BIOT), violant, ce faisant, le droit international.
- Entre 1968 et 1973, les habitants des Chagos, appelés Chagossiens, ont été déportés de force vers Maurice et les Seychelles pour permettre aux États-Unis d’y établir une base militaire sur Diego Garcia.
Lutte pour la souveraineté
- Maurice revendique les Chagos depuis son indépendance en 1968.
- En 2019, la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis consultatif affirmant que la séparation des Chagos était illégale et que le Royaume-Uni devait rendre l’archipel à Maurice.
- L’Assemblée générale de l’ONU, toujours en 2019, et la Cour internationale du droit de la mer ont également reconnu la souveraineté mauricienne.
- En avril 2022, Maurice a hissé son drapeau sur l’archipel, marquant un geste symbolique fort.
- Le 3 octobre dernier, un communiqué conjoint Royaume-Uni/Maurice annonce qu’un accord a été conclu sur la rétrocession. Un mois plus tard, Navin Ramgoolam devient Premier ministre et dénonce certaines clauses de l’accord qui iraient en défaveur de Maurice.
Le PMO : « Nous travaillons toujours à la finalisation de cet accord avec la Grande-Bretagne »
Réagissant à l’annonce britannique sur les Chagos, le Prime Minister’s Office (PMO) a émis un communiqué mardi soir. « Nous avons tous, il y a quelque temps, vu et entendu le président Trump dire, en présence du Premier ministre Starmer, son opinion sur l’accord préconisé. Aujourd’hui, le porte-parole du 10 Downing Street confirme cette information », indique le PMO. « Nous sommes alignés avec ce qui a été déclaré ce matin par le porte-parole du 10 Downing Street, quand il précise que nos gouvernements respectifs travaillent en ce moment à la finalisation de cet accord », a indiqué le Bureau du Premier ministre.

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