
Le trafic de drogue en milieu carcéral alimente violences et tensions. Les gardiens dénoncent l’inaction des autorités et réclament des réformes urgentes pour lutter contre ce fléau grandissant.
Publicité
Le trafic de drogue en milieu carcéral prend une ampleur alarmante, transformant certaines prisons en véritables zones de non-droit. Entre violences, règlements de comptes et grogne des gardiens, la situation semble hors de contrôle. Face à une hiérarchie jugée passive, les surveillants réclament des mesures urgentes.
Derrière les murs de la prison centrale de Beau-Bassin, la circulation de drogue ne serait plus un secret. Ce fléau alimente tensions et violences entre détenus, créant un climat explosif. Il y a environ deux semaines, une rixe a éclaté au bloc E, l’aile disciplinaire de la prison, où 12 détenus sont incarcérés. En cause : un conflit lié au trafic de stupéfiants. L’affrontement a dégénéré, nécessitant l’hospitalisation d’un prisonnier. « Une guerre de clans », souffle une source proche du dossier.
La situation est tout aussi inquiétante à la prison de haute sécurité de Melrose. Deux incidents ont marqué la semaine dernière : une tentative de suicide présumée et la découverte du corps sans vie d’un détenu.
Officiellement, aucun lien entre ces affaires. Mais en coulisses, certains s’interrogent sur un possible règlement de comptes maquillé. « Ces affrontements entre détenus laissent craindre un vaste réseau de trafic de drogue derrière les barreaux », confie une source fiable. Les surveillants se sentent impuissants face à « l’inaction des autorités ».
Le malaise s’accentue parmi les agents pénitentiaires. Plusieurs officiers sont en arrêt maladie prolongé, aggravant un climat déjà tendu. Nombre d’entre eux dénoncent « une direction jugée passive et une hiérarchie dépassée ». « Il faut un changement radical et vite », martèle-t-on dans les rangs des gardiens. Pour eux, la clé réside dans une meilleure coordination avec la police et le retour à des pratiques de surveillance plus strictes.
L’administration carcérale, pour sa part, reconnaît que la prison est un terrain où les alliances se font et se défont. « Dans le monde de la toxicomanie, l’un doit doubler l’autre. En prison, les comptes se règlent, mais sans aller jusqu’au meurtre », soutient une source administrative. Pourtant, les récents événements suggèrent une escalade de la violence qui inquiète les gardiens comme les détenus.
La « vulnérabilité » du système carcéral est au cœur du problème. L’absence de fouilles générales depuis plusieurs années a facilité l’introduction de drogue dans les cellules. À la prison centrale de Beau-Bassin, certains détenus chercheraient même protection après des négociations menées à l’extérieur. Et le trafic ? « Chaque prisonnier a son mode opératoire. Mais chaque prison fonctionne différemment », admet l’administration carcérale.
Face à cette situation critique, une refonte complète du mode de gestion des prisons est réclamée. Mais en attendant des réformes concrètes, la drogue continue de dicter sa loi derrière les barreaux, sous le regard impuissant des gardiens.

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !